ELECTION MUNICIPALE PERPIGNAN


COMMUNIQUE DE PRESSE

LGBT+66 prend acte de la victoire de la liste de Mr Louis ALIOT par la majorité des suffrages exprimés à l’issue du second tour de l’élection municipale concernant la ville de Perpignan.

LGBT+66 regrette que, malgré ses nombreuses demandes depuis 3 ans, Mr ALIOT et ses colistièr.e.s n’aient jamais cru bon de répondre à nos courriers, invitations et questionnements.

Nous espérons que, conformément à ses premières déclarations de futur premier magistrat de notre ville, il sera le Maire de l’ensemble de la population, y compris des adhérent.e.s et sympathisant.e.s de notre Association.

LGBT+66 rappelle le contenu de nos 14 propositions pour une commune inclusive qui répondent à nos attentes et surtout à nos valeurs :

1 - Former les agents chargés de l’accueil

Une orientation sexuelle minoritaire ou une expression de genre inhabituelle peut provoquer une gêne chez la personne chargée de l’accueil. Elle peut être mise en difficulté dans sa pratique professionnelle, simplement en raison du malaise qu’elle ressent. C’est pourquoi nous proposons que soient formés l’ensemble des personnels chargés de l’accueil aux questions de genre, d’identité de genre, et d’orientation sexuelle, ainsi qu’aux méthodes qui permettent un accueil inclusif.

2 : Adapter le traitement de l’état-civil à toutes les personnes

Six ans après la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, et 3 ans après la loi permettant le changement de prénom en mairie pour les personnes transgenres, nous constatons encore des problèmes dans certaines mairies. Nous proposons donc que soient formés avec une particulière attention les personnels chargés de l’état-civil : pour que l’accueil des futur·e·s marié·e·s ne soit pas discriminant, pour qu’il n’y ait pas d’erreur de genre dans les traitements des dossiers de mariage, de PACS, ou de changement de prénom, pour que les formulaires soient adaptés à toutes les situations (sans faire porter la faute aux logiciels).

3 : Sensibiliser l’ensemble des personnels des structures municipales ou paramunicipales

Les personnes LGBT+ fréquentent tous les services publics. Les couples homosexuels, les personnes transgenres, les familles homoparentales ou transparentales ont droit à la même dignité et au même respect lors de l’accueil dans les services municipaux ou paramunicipaux.

Mais là encore, un manque d’habitude de la part des agent·e·s, une gêne liée à l’incompréhension du genre ou de l’orientation sexuelle, des paramètres personnels, font que trop souvent des personnes LGBT+ se sentent rejetées.

Nous proposons qu’une sensibilisation aux situations des personnes LGBT+ soit organisée pour les personnels : des crèches, des centres d’animation et des écoles ; du CCAS et des centres sociaux ; du service en charge du logement ; des services en charge des personnes âgées, maisons de retraite, EHPAD ; des services de police municipale.

4 : Informer le grand public que la mairie est un lieu sans discrimination

L’accueil inclusif n’est pas que l’affaire des personnels et des élu·e·s. C’est aussi l’affaire des autres personnes accueillies, qui doivent être sensibilisées au fait qu’elles ne seront pas victimes de discrimination, mais qu’elles ne doivent pas non plus, entre usagers des services, faire subir des discriminations.

C’est pourquoi nous souhaitons que les mairies communiquent dans les lieux publics sur son engagement contre toutes les discriminations, en citant explicitement l’homophobie et la transphobie. Ces lieux publics concernent l’ensemble des services cités plus haut, ainsi que les moyens de transports publics qui connaissent un taux d’incivilités important, mais qui peuvent être aussi un outil de communication simple, massif, et mobile.

5 : Nommer un·e agent·e référent·e sur les questions LGBT+

Dans les communes comptant un grand nombre d’agent·e·s, ou dans les intercommunalités, nous souhaitons qu’un·e agent·e référent·e soit désigné·e et formé·e de manière plus approfondie sur les questions de discriminations anti-LGBT+, afin d’être un soutien et un conseil pour l’ensemble des services.

6 : Soutenir les associations LGBT+

Les associations LGBT+ ne sont pas des ghettos, bien au contraire : elles œuvrent au quotidien pour que les personnes LGBT+ soient plus en lien avec la société, en organisant des moments de convivialité, en permettant la sortie de l’isolement généré par l’homophobie ou la transphobie, en sensibilisant les personnes LGBT+ à leur santé tant physique que psychique. En un mot, être mieux, être mieux avec soi, avec ses proches, et avec le reste de la société.

C’est pourquoi les communes ont un rôle essentiel de soutien des associations LGBT+. Nous souhaitons qu’un soutien financier, à la mesure des finances communales ou inter-communales, soit proposé aux associations ; qu’un soutien matériel soit également proposé lors des événements publics organisés par les associations (1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida ; 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie) ; que des élu·e·s soient présent·e·s lors de ces événements pour montrer l’engagement de la commune.

Nous souhaitons également que les villes invitent les associations LGBT+, comme n'importe quelle autre association, aux événements organisés par la Mairie, qu'ils soient culturels, festifs, institutionnels.

Et pour les villes qui ont des villes jumelles, nous proposons qu’elles favorisent le lien avec les associations LGBT+ de ces villes jumelles.

7 : Participer à la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (17 mai)

La Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie commémore la sortie de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par l’OMS (17 mai 1990). En France, elle correspond également à la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (17 mai 2013).

Nous souhaitons que les communes s’associent aux événements organisés par les associations à cette occasion : en soutenant matériellement et financièrement ces événements, en assurant la sécurité de ces événements dans le cadre des pouvoirs de police du Maire, en proposant que les médias municipaux informent sur ces événements.

Nous souhaitons en outre que le soutien de la commune soit marqué symboliquement pendant la semaine du 17 mai par la présence du drapeau arc-en-ciel sur un lieu municipal : un drapeau devant la mairie, un passage-piéton ou un escalier peint aux couleurs de l’arc-en-ciel.

8 : Sensibiliser le monde du sport

Le monde sportif est encore beaucoup trop souvent un milieu dont les personnes LGBT+ sont exclues, ou dans lequel elles se cachent. Les incidents homophobes sont nombreux, particulièrement dans les sports collectifs.

C’est pourquoi nous insistons fortement pour que la mairie s’engage sur la sensibilisation des éducateur·rice·s sportif·ive·s des structures municipales ou paramunicipales.

Nous souhaitons également, vivement, que la mairie prenne en compte l’engagement des clubs sportifs contre les discriminations, et explicitement contre les LGBTphobies, dans l’attribution de subventions.

9 : Assurer la représentation culturelle de la diversité des familles

Toutes les communes possèdent une médiathèque ou une bibliothèque municipale, et le rôle de ces structures est essentiel dans la possibilité offerte à tous et à toutes de s’émanciper et de s’ouvrir au monde.

Nous souhaitons que les œuvres proposées, à tous les publics, soient à l’image de la diversité de notre société, en n’ignorant pas la réalité des familles homoparentales, ou les difficultés et les joies des personnes LGBT+.

Nous encourageons les structures culturelles à profiter de la journée du 17 mai pour “mettre en lumière” les œuvres dont la thématique est LGBT+, sous forme par exemple d’une exposition temporaire ou d’un “point arc-en-ciel”.

10 : Veiller à la sécurité des agent·e·s LGBT+

Le lieu de travail doit être perçu comme un “lieu sûr” et l’employeur public doit être vu comme un recours évident en cas de discrimination au travail.

Il faut pour cela que les communes-employeuses n’ignorent plus les faits d’homophobie ou de transphobie au travail et qu’elles soient systématiquement aux côtés des victimes, en prenant en charge la protection et la défense de celles-ci, s’il le faut avec le soutien des associations LGBT+ locales.

Il faut également qu’elles soient attentives aux demandes des personnels transgenres pour la prise en compte de leur genre et de leur prénom d’usage.

11 : Afficher son engagement contre les discriminations au travail

Des campagnes régulières, dans l'ensemble de la communication interne, doivent être mises en place pour afficher l’engagement de la commune contre les discriminations au travail, en citant explicitement les LGBTphobies.

12 : Déléguer un·e élu·e à la lutte contre les discriminations

Cet·te élu·e sera en charge de l’ensemble des propositions faites dans ce document. Pour plus de visibilité, sa délégation dépendra directement du Maire de la commune.

13 : Être vigilant à la situation internationale

On ne peut pas, en France, lutter contre l’homophobie et la transphobie, et ignorer la situation des personnes LGBT+ à l’étranger. Il faudra donc que les communes soient vigilantes sur ce point dans leur relation avec les villes jumelles, et au besoin qu’elles suspendent leurs relations si des comportements notoirement LGBTphobes étaient relevés du fait des autorités de ces villes.

14 : Rédiger un bilan annuel sur la lutte contre les discriminations

A l’image de ce qui se fait sur l’égalité femmes-hommes, nous souhaitons que les communes présentent un bilan annuel décrivant leurs actions dans la lutte contre toutes les discriminations, et en particulier contre l’homophobie et la transphobie.

Cet ensemble de propositions, que nous avons adressé à de nombreuses reprises aux candidat.e.s et à leur équipe, n’a jamais, à ce jour, fait l’objet d’une réponse, même partielle, de la part de Mr Louis Aliot ou de ses colistièr.e.s.

Nous espérons qu’à l’avenir, la nouvelle municipalité fera preuve de dialogue même si certains points peuvent être sujet à désaccord ou à discussion. Notre Association a toujours été à l’écoute des uns et des autres et nous aimerions avoir la même réciprocité.

Pour le Conseil d’Administration

Jean-Loup THEVENOT

Président

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